Vendée Ecologie http://www.vendee-ecologie.org Un blog utilisant WordPress Wed, 04 Nov 2015 06:00:03 +0000 http://wordpress.org/?v=2.8.6 en hourly 1 Déchets en Vendée : et les mauvais choix continuent… http://www.vendee-ecologie.org/?p=1987 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1987#comments Wed, 04 Nov 2015 06:00:03 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1987 incinérateurLe dernier plan départemental de traitement des déchets fait la part belle aux solutions industrielles. Des 5 Usines de Tri Mécano-Biologiques (TMB) imaginées initialement n’ont finalement été réalisées que 2 dont l’investissement a malgré tout dépassé celui des 5 prévues… Ces TMB, chargées normalement d’éviter l’enfouissement de déchets fermentescibles (déchets verts, de table…) ont  plombé les finances de la gestion des déchets en Vendée tout en ayant une efficacité contestable et contestée (voir ici).

La logique industrielle, aux impacts négatifs sur l’environnement et l’emploi (voir les communications de Vendée Ecologie faites lors de la décision des élus : ici et ici), s’est accrue avec la décision de réaliser le centre unique départemental de tri dont on peut douter qu’il permettra in fine une quelconque économie par rapport à la conservation des centres de tri existants.

Si l’on en croit les déclarations du président de Trivalis, syndicat mixte chargé de l’application du plan départemental d’élimination des déchets, dans Ouest-France du 3 novembre, voici dorénavant revenir sur le devant de la scène la logique industrielle ultime : l’incinération des déchets ! Technique pourtant largement rejetée par les Vendéens il y a maintenant près de 15 ans.

Les lobbys industriels sont tenaces ! Et les élus, englués dans les mauvais choix en matière de traitement des déchets, semblent céder aux chants des sirènes industrielles. Et ont de toute évidence la mémoire courte.

Bien sûr, Trivalis préférera parler d’Unité de valorisation énergétique, de recyclage pour créer de la chaleur et de l’électricité. On prétextera que seules les matières non-recyclables et sans danger se retrouveront dans l’incinérateur…

La réalité est qu’un incinérateur qu’il faudra rentabiliser viendra inévitablement percuter les efforts citoyens de tri et qu’il sera demain plus rentable de mettre à l’incinération plutôt que de recycler vraiment… Ou comment aller à contre sens de l’Histoire.

Pour l’avenir, il nous faut conserver et recycler les matières premières, non les brûler. Que l’on mette en place une chaîne de traitement des déchets cohérente avant de penser aux solutions industrielles !

Car, une fois encore en Vendée, aux solutions simples, durables, créatrices d’emplois et moins onéreuses, il pourrait être préféré la logique industrielle qui posera finalement plus de problèmes qu’elle n’en résoudra, plombant au passage un peu plus le portefeuille des vendéens. Et les mauvais choix continuent…

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Non à l’usine de cochons de Poiroux : manifestation festive vendredi 26 juin à la Roche à partir de 17h00 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1981 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1981#comments Thu, 25 Jun 2015 20:53:23 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1981 non aux cochons

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Plan d’eau de la Normandelière : l’association Vendée écologie appelle à manifester le 23 mai http://www.vendee-ecologie.org/?p=1977 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1977#comments Tue, 19 May 2015 16:47:29 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1977 adieu portLa mairie de Brétignolles a lancé des études archéologiques préventives dans l’espoir vain de faire émerger un jour son désormais très improbable et anachronique projet de port.

Pour réaliser ces études, elle a autorisé le perçage de la bâche du plan d’eau de la Normandelière. Le plan d’eau qui fait le bonheur de l’école de voile et des familles en été est donc désormais asséché. La mairie refuse de réparer les dégâts effectués à moindre coût au motif que ce plan d’eau a vocation à être déplacé dans le cadre du projet de port…

Et, parce que le ridicule ne tue plus à Brétignolles depuis longtemps, elle autorise de nouvelles fouilles afin de définitivement laminer la bâche et rendre sa réparation financièrement déraisonnable…  

Le projet de port qui s’est vu sévèrement retoqué par l’enquête publique de 2011 n’a, depuis, pas reçu le commencement du début d’une autorisation. Même les élus favorables au projet, tel Noël Faucher, conseiller départemental, viennent de reconnaître à l’occasion de la session du Conseil départemental que le cadre législatif ne permet pas la réalisation du projet… Malgré cela, l’assèchement du plan d’eau est le quatrième épisode d’un feuilleton qui n’a qu’un but : faire passer en force un projet farfelu par le principe du fait accompli :

-         1er épisode : achat de la ferme de la Normandelière à un prix prohibitif en 2013.

-         2ème épisode : saccage partiel de la zone humide pour d’abord réaliser un espace fleuri pour modéliser le futur bassin portuaire en 2013 puis pour modifier le tracé du réseau d’assainissement des eaux afin que celui-ci respecte les contours du bassin portuaire en 2014.

-         3ème épisode : irrespect de la décision de justice, annulant l’achat de la ferme de la Normandelière, qui laissait à la mairie 3 mois pour annuler la vente en 2014.

-         4ème épisode : lancement de fouilles archéologiques, qualifiées par le maire de « phase 1 des travaux du port » amenant la disparition du plan d’eau de la Normandelière.

Et demain ? Des études géologiques pour lesquelles il sera nécessaire de détruire la dune et creuser le chenal du port ?

Au-delà de la question du plan d’eau, Vendée Ecologie s’interroge : où sont les défenseurs de l’Etat de Droit dans cette affaire ? Qu’attend le préfet pour faire respecter la décision de justice et rappeler la loi et les procédures qui s’appliquent à Brétignolles comme partout en France ?

Il est plus que temps que l’Etat siffle la fin de la récréation à Brétignolles et y réaffirme l’application de la loi républicaine en rappelant au maire que sa seule volonté ne saurait faire rentrer le projet de port dans une phase de réalisation.

Le rassemblement est prévu à 15h30 le samedi 23 mai devant la mairie de Brétignolles sur Mer.  

Voir également sur les sites suivants : Veille Normandelière et Réunir Brétignolles.

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Porcherie de Poiroux : l’association Vendée Ecologie appelle à manifester contre le projet http://www.vendee-ecologie.org/?p=1970 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1970#comments Fri, 03 Apr 2015 10:28:59 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1970 Non porcherieL’association Vendée Ecologie soutient les demandes du collectif opposé à la porcherie de Poiroux et appelle à manifester samedi 4 avril à 14h30 aux Sables d’Olonne place de Strasbourg sur le remblai.

Le projet de porcherie avait initialement été refusé par la préfecture. Une erreur administrative permet son retour aujourd’hui sans qu’aucun des éléments de fond qui avaient conduit au rejet du projet n’aient été améliorés.

Le mode d’agriculture industriel qui amène ce projet n’est pas viable économiquement ou socialement. Depuis 30 ans la filière porcine se meurt en France en raison de ces choix industriels absurdes.

Par ailleurs, en termes d’impacts environnementaux, l’élevage porcin en Bretagne a montré quelles seront les conséquences de l’installation de cette porcherie pour l’environnement en Vendée : algues vertes, pollution des eaux, conséquences néfastes pour les conchyliculteurs…

Mettre en péril l’image de la Vendée, les activités touristiques et conchylicoles et l’environnement pour le seul profit d’un groupe industriel relève d’une grande irresponsabilité. Le gouvernement doit cesser d’encourager la création de ces exploitations hors normes.

Toutes les infos sur le site du collectif opposé à la construction de cette procherie : http://www.porcherie-poiroux.fr/ 

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Nous sommes Charlie ! http://www.vendee-ecologie.org/?p=1961 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1961#comments Sat, 10 Jan 2015 08:33:04 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1961 Je suis Charlie

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Partie 6, Conclusion : Xynthia : un nécessaire bilan politique à effectuer http://www.vendee-ecologie.org/?p=1958 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1958#comments Wed, 10 Dec 2014 08:42:59 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1958 XynthiaPar Nicolas HELARY, président de l’association Vendée Ecologie et observateur de l’ensemble des débats du procès Xynthia.

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia balayait les côtes françaises. Provoquant 53 morts en France dont 29 dans la seule commune de la Faute sur Mer en Vendée, elle est une des catastrophes climatiques françaises majeures. La qualité meurtrière de cette tempête n’est pas sans interroger sur les responsabilités des pouvoirs publics qui ont entrainé un tel drame.

Du 15 septembre au 17 octobre 2014 s’est tenu au Sables d’Olonne le procès en correctionnelle de 5 prévenus dont le maire de la Faute sur Mer et sa première adjointe. Ces cinq semaines de procès ont permis d’abord de libérer la parole des victimes et de décortiquer les mécanismes parfois absurdes d’une situation qui aurait pu, à l’évidence, être évitée. Mais, ce qui s’est joué à la Faute sur Mer depuis les années 70 au soir de Xynthia, n’est pas différent de ce à quoi l’on assiste encore aujourd’hui dans beaucoup de communes littorales.

Par respect pour les victimes, nous devons tirer les enseignements de la catastrophe. Les conséquences de la tempête doivent engager des modifications de fonctionnements politiques et administratifs. Ce « recueil d’impressions politiques » non exhaustif s’articulera autour de l’identification de 5 causes du drame qui sont apparues sous différents aspects au cours de la procédure.

Ces analyses seront publiées à raison d’un chapitre par semaine d’ici au délibéré du tribunal le 12 décembre prochain. Aujourd’hui le dernier des 6 chapitres :

Conclusion : L’horreur en pleine face : au-delà de la responsabilité pénale, la responsabilité morale des politiques.

Il est impossible de faire un bilan du procès Xynthia sans évoquer les victimes de la tempête survenue dans la nuit du 27 au 28 février 2010. Le souvenir des 29 morts de La Faute sur Mer a accompagné les audiences tout au long des cinq semaines de procédure.

Les témoignages des parties civiles à la barre du tribunal ont été poignants. On ne sort pas indemne des récits terribles de celles et ceux, héros anonymes, qui ont sauvé d’autres personnes, vu la mort les frôler ou emporter des proches sous leurs yeux.

La tenue du procès a été critiquée par certains observateurs. Ceux-là ont voulu voir dans ce procès « une audience compassionnelle » qui selon eux, se serait opposée à la nécessaire neutralité des débats qu’exigerait une audience pénale. Mais, l’un des avocats des parties civiles l’a parfaitement rappelé au cours de sa plaidoirie, si la question de la responsabilité pénale des accusés était posée au tribunal, la qualité de victimes attribuée aux parties civiles était, elle, parfaitement établie. Que les accusés soient reconnus coupables ou non, la tempête Xynthia est bien passée à La Faute sur Mer et elle a fait des victimes.

Autrement dit, traiter les victimes avec humanité ne signifie en rien condamner a priori les prévenus. Quand la justice montre un visage humain, on ne saurait blâmer ceux, dont le président du tribunal, qui ont concouru à permettre aux victimes de libérer leur parole et d’exprimer tout haut ce qu’elles ont souffert en silence depuis quatre longues années.

L’horreur décrite lors des auditions des parties civiles ne pouvait laisser insensible. Et ceux qui rendent la justice, comme ceux qui commentent leur travail, doivent aussi conserver ce sens de l’Humanité.

Car si la question de la responsabilité pénale reste en suspend jusqu’au délibéré du tribunal le 12 décembre prochain, il est une question, pourtant en filigrane de tout ce procès, qui n’a pas été explicitement posée : celle de la responsabilité morale des décideurs publics dans cette catastrophe.

Si l’on cite pêle-mêle les arguments des parties civiles, du procureur ou des avocats des prévenus quant aux raisons de ce qui s’est passé la nuit du 27 février 2010, on trouve : l’urbanisation à outrance du littoral, la « frénésie immobilière », la volonté politique de développer l’offre touristique à tout prix, la minimisation du risque, la méconnaissance des responsabilités par les élus locaux, l’inconséquence des services de l’État… Tous ces arguments vont dans le même sens : celle d’une responsabilité globale évidente des pouvoirs publics locaux, départementaux ou nationaux.

Qu’ils soient finalement condamnés ou pas du point de vue de la loi, les accusés, de même que les services de l’État absents du banc des prévenus, ont quoi qu’il arrive une responsabilité morale dans la catastrophe survenue le 27 février 2010.

Bien sûr, ce n’est pas à la justice de juger de la morale et on ne le lui demandera pas. Pour rester cohérente, elle doit juger en droit au nom du peuple français c’est-à-dire au nom de la loi. Mais en tant qu’observateurs, nous ne pouvons faire l’impasse sur le fait qu’à quelque niveau que ce soit, les pouvoirs publics ont globalement failli dans leur mission de protection de la population.

Pourquoi ont-ils été si imprudents ? Sans diluer les responsabilités qui sont celles des prévenus dans le cas de Xynthia, ce procès aura finalement été aussi le procès de l’État, et à travers lui celui de notre développement social. C’est-à-dire le procès de notre responsabilité à tous en tant que citoyens.

Les politiques que nous élisons font ce pour quoi ils ont été élus. Quand on vote pour un maire qui souhaite bétonner sa commune et dévaster le littoral, chaque bulletin déposé dans l’urne en sa faveur supporte l’irresponsabilité dont l’édile fera preuve par la suite… même si lui seul portera finalement la responsabilité juridique éventuelle de ses actes de maire.

Certaines victimes ont émis ce souhait : si finalement ce procès servait de leçon aux politiques, au moins pourrait-on se dire que cette catastrophe aura été édifiante pour l’avenir.

Il serait d’ailleurs terrible que personne, élus locaux ou services de l’État, ne sorte pénalement ou civilement responsable de la catastrophe Xynthia. Cela signifierait qu’en France, quelle que soit la façon d’urbaniser, quel que soit le niveau de mise en danger des populations, personne ne serait à l’avenir responsable… A l’inverse, des condamnations enverront un message très clair à l’ensemble des décideurs publics.

Quoi qu’il en soit, collectivement, socialement, politiquement, nous devons aux victimes de tirer les enseignements de cette tempête meurtrière. Et ne jamais oublier.

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Partie 5 : Xynthia : un nécessaire bilan politique http://www.vendee-ecologie.org/?p=1953 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1953#comments Thu, 04 Dec 2014 15:24:40 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1953 XynthiaPar Nicolas HELARY, président de l’association Vendée Ecologie et observateur de l’ensemble des débats du procès Xynthia.

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia balayait les côtes françaises. Provoquant 53 morts en France dont 29 dans la seule commune de la Faute sur Mer en Vendée, elle est une des catastrophes climatiques françaises majeures. La qualité meurtrière de cette tempête n’est pas sans interroger sur les responsabilités des pouvoirs publics qui ont entrainé un tel drame.

Du 15 septembre au 17 octobre 2014 s’est tenu au Sables d’Olonne le procès en correctionnelle de 5 prévenus dont le maire de la Faute sur Mer et sa première adjointe. Ces cinq semaines de procès ont permis d’abord de libérer la parole des victimes et de décortiquer les mécanismes parfois absurdes d’une situation qui aurait pu, à l’évidence, être évitée. Mais, ce qui s’est joué à la Faute sur Mer depuis les années 70 au soir de Xynthia, n’est pas différent de ce à quoi l’on assiste encore aujourd’hui dans beaucoup de communes littorales.

Par respect pour les victimes, nous devons tirer les enseignements de la catastrophe. Les conséquences de la tempête doivent engager des modifications de fonctionnements politiques et administratifs. Ce « recueil d’impressions politiques » non exhaustif s’articulera autour de l’identification de 5 causes du drame qui sont apparues sous différents aspects au cours de la procédure.

Ces analyses seront publiées à raison d’un chapitre par semaine d’ici au délibéré du tribunal le 12 décembre prochain. Aujourd’hui le cinquième des 6 chapitres :

Cause 5 : Un certain déni de démocratie

Le procès Xynthia a permis de révéler au grand public que les membres du conseil municipal de La Faute sur Mer méconnaissaient parfois totalement les dossiers qu’ils approuvaient pourtant de leur vote.

Le conseil municipal a d’ailleurs été qualifié de « simple chambre d’enregistrement » de décisions qui étaient prises en amont par le maire, seul ou avec un ou deux adjoints.

Ce fonctionnement est étonnant. Il est pourtant monnaie courante au sein des conseils municipaux : une poignée de décideurs entourée d’élus « godillots »…  

L’absence d’opposition dans les conseils municipaux de certaines petites communes peut amener ce fonctionnement autocratique. En effet, en l’absence de contradicteur, la volonté de préserver l’information pour soi peut être grande pour éviter, par confort, les demandes d’éclaircissements et de justifications émanant de ses propres alliés.

Il est arrivé que des communes tiennent leur conseil municipal, comprenant pourtant une trentaine de délibérations, en 15 minutes… Comment croire alors que les décisions sont comprises de tous et ne se prennent pas ailleurs ?

La réforme des collectivités, laquelle a instauré depuis les dernières municipales une dose de proportionnalité dans les communes de moins de 3 600 habitants, devrait palier en partie ce défaut de démocratie.

Mais il existe encore beaucoup de communes dans lesquelles les oppositions au sein du conseil municipal sont absentes ou muselées. Les communes de moins de 1000 habitants par exemple ne sont pas concernées par ces modifications électorales.

Il peut toutefois exister des oppositions extérieures aux instances d’élus. A La Faute sur Mer, si M. et Mme ANIL avaient été écoutés et entendus, peut-être le destin des habitants de la Faute aurait-il été différent.

Ces « lanceurs d’alerte » sont tout aussi utiles à la démocratie que n’importe quel élu. Face à eux, il y a deux sortes d’élus.

Ceux qui acceptent le principe démocratique et, dans le respect des personnes, cherchent à convaincre et à informer la population du bien fondé de leur politique, voire adaptent ou abandonnent leur projet initial.

Et puis il y a les élus qui dénigrent les opposants, font pression sur eux, refusent d’avoir à expliquer le pourquoi de leurs décisions et qui finalement, en petits « potentats locaux » nient la démocratie. Il est d’ailleurs édifiant de constater que ceux fonctionnant ainsi sont souvent, dans les communes littorales, les plus expansionnistes en matière de développement immobilier et de bétonnage de la côte…

Devenir homme ou femme politique, c’est-à-dire accepter de représenter ses concitoyens pour prendre en leur nom les décisions collectives, est un choix personnel. Quand on fait ce choix, il faut en accepter pleinement les règles et respecter les oppositions. Les rabrouer, les nier, les mépriser, c’est oublier de s’interroger sur le bien fondé des politiques que l’on souhaite mettre en œuvre. Se confronter, c’est aussi reconnaître que « l’autre peut avoir raison même partiellement » et peut-être ne pas oublier en chemin des règles de sécurité salvatrices…

A suivre la semaine prochaine avant le délibéré du tribunal le 12 décembre :

Conclusion : L’horreur en pleine face : au-delà de la responsabilité pénale, la responsabilité morale des politiques.

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Partie 4 : Xynthia : un nécessaire bilan politique à effectuer http://www.vendee-ecologie.org/?p=1949 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1949#comments Thu, 27 Nov 2014 14:59:15 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1949 XynthiaPar Nicolas HELARY, président de l’association Vendée Ecologie et observateur de l’ensemble des débats du procès Xynthia.

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia balayait les côtes françaises. Provoquant 53 morts en France dont 29 dans la seule commune de la Faute sur Mer en Vendée, elle est une des catastrophes climatiques françaises majeures. La qualité meurtrière de cette tempête n’est pas sans interroger sur les responsabilités des pouvoirs publics qui ont entrainé un tel drame.

Du 15 septembre au 17 octobre 2014 s’est tenu au Sables d’Olonne le procès en correctionnelle de 5 prévenus dont le maire de la Faute sur Mer et sa première adjointe. Ces cinq semaines de procès ont permis d’abord de libérer la parole des victimes et de décortiquer les mécanismes parfois absurdes d’une situation qui aurait pu, à l’évidence, être évitée. Mais, ce qui s’est joué à la Faute sur Mer depuis les années 70 au soir de Xynthia, n’est pas différent de ce à quoi l’on assiste encore aujourd’hui dans beaucoup de communes littorales.

Par respect pour les victimes, nous devons tirer les enseignements de la catastrophe. Les conséquences de la tempête doivent engager des modifications de fonctionnements politiques et administratifs. Ce « recueil d’impressions politiques » non exhaustif s’articulera autour de l’identification de 5 causes du drame qui sont apparues sous différents aspects au cours de la procédure.

Ces analyses seront publiées à raison d’un chapitre par semaine d’ici au délibéré du tribunal le 12 décembre prochain. Aujourd’hui le quatrième des 6 chapitres :

Cause 4 : L’absence de doctrine claire de l’État en matière d’aménagement littoral

Au cours du procès Xynthia, les services de l’État ont été « mis sur le grill ».

L’instauration d’un Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI) à La Faute sur Mer était de leur responsabilité. Cela aurait rendu obligatoire la mise en place d’un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) comprenant la reconnaissance des dangers, l’information et la mise en place de dispositifs d’alerte des populations en cas de risques…

Les directives ministérielles demandaient à la préfecture de réaliser les PPRI en concertation avec les communes.

Il a été largement démontré au cours du procès que la commune de la Faute sur Mer avait freiné des quatre fers pour que ce PPRI soit approuvé le plus tard possible. Il représentait en effet une contrainte forte aux développements immobiliers souhaités par la commune.

Mais en tout état de cause, l’État pouvait passer outre les oppositions de la commune et imposer un PPRI.

Sur un autre thème, les services de l’État chargés d’instruire les documents d’urbanisme (permis de construire) ont également été largement critiqués. En effet, l’incapacité des fonctionnaires de la Direction Départemental de l’Equipement (DDE) à produire explicitement la valeur de la fameuse « cote de référence » – altimétrie en dessous de laquelle il ne fallait pas construire à La Faute sur Mer – a été édifiante. Cette valeur était pourtant détenue par le service préfectoral situé à l’étage du dessous…  

Quoiqu’il en soit, le manque de diligence en matière d’approbation des PPRI et la légèreté en matière d’instruction des permis de construire révèlent un problème plus systémique du fonctionnement administratif d’État.

Il existe en France le principe constitutionnel de « libre administration des collectivités territoriales ». C’est-à-dire que les communes, les départements et les régions décident de leur administration et de leur devenir sans que l’État n’ait son mot à dire.

C’est sur la base de ce principe que les services de l’État peinent à peser dans les choix des communes. C’est aussi pourquoi un maire dont l’ambition est de protéger l’environnement de sa commune trouvera des solutions auprès des services d’État… alors que pour la même commune, un autre maire souhaitant bétonner trouvera tout autant de solutions auprès de ces mêmes services.

Or, ce principe de libre administration s’applique dans le cadre des lois républicaines. Et ces lois doivent être les mêmes partout sur le territoire français. L’État est le garant de cette équité.

En matière d’aménagement littoral, l’État est le garant de la « loi littoral ». Mais celle-ci s’est forgée au fil des jurisprudences. Il manque donc à l’État une doctrine claire en matière de gestion du trait de côte.

Devant les risques à plus ou moins long terme et la nécessité de préserver l’environnement littoral, un préfet devrait pouvoir énoncer clairement son opposition à un projet communal de modification du trait de côte. Il devrait même agir quand une commune pratique délibérément la politique du fait accompli et cherche à contourner l’absence d’autorisation préfectorale ou à s’affranchir de décision de justice.

Cela n’arrive malheureusement jamais et l’ambiguïté des positions préfectorales profite à certains promoteurs dont le sens de l’intérêt général n’est pas la vertu première…

L’État doit définir, enfin, une doctrine en faveur d’une préservation du trait de côte.

A suivre :

Cause 5 : Un certain déni de démocratie

Conclusion : L’horreur en pleine face : au-delà de la responsabilité pénale, la responsabilité morale des politiques.

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Partie 3 : Xynthia : un nécessaire bilan politique à effectuer http://www.vendee-ecologie.org/?p=1942 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1942#comments Thu, 20 Nov 2014 13:43:22 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1942 XynthiaPar Nicolas HELARY, président de l’association Vendée Ecologie et observateur de l’ensemble des débats du procès Xynthia.

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia balayait les côtes françaises. Provoquant 53 morts en France dont 29 dans la seule commune de la Faute sur Mer en Vendée, elle est une des catastrophes climatiques françaises majeures. La qualité meurtrière de cette tempête n’est pas sans interroger sur les responsabilités des pouvoirs publics qui ont entrainé un tel drame.

Du 15 septembre au 17 octobre 2014 s’est tenu au Sables d’Olonne le procès en correctionnelle de 5 prévenus dont le maire de la Faute sur Mer et sa première adjointe. Ces cinq semaines de procès ont permis d’abord de libérer la parole des victimes et de décortiquer les mécanismes parfois absurdes d’une situation qui aurait pu, à l’évidence, être évitée. Mais, ce qui s’est joué à la Faute sur Mer depuis les années 70 au soir de Xynthia, n’est pas différent de ce à quoi l’on assiste encore aujourd’hui dans beaucoup de communes littorales.

Par respect pour les victimes, nous devons tirer les enseignements de la catastrophe. Les conséquences de la tempête doivent engager des modifications de fonctionnements politiques et administratifs. Ce « recueil d’impressions politiques » non exhaustif s’articulera autour de l’identification de 5 causes du drame qui sont apparues sous différents aspects au cours de la procédure.

Ces analyses seront publiées à raison d’un chapitre par semaine d’ici au délibéré du tribunal le 12 décembre prochain. Aujourd’hui le troisième des 6 chapitres :

Cause 3 : L’absence de lien entre urbanisme, protection des biens et des personnes et protection de l’environnement

Les risques littoraux à La Faute sur Mer ont été, selon les versions des acteurs du procès, « oubliés », « niés » ou « minimisés ». Plus globalement, on a laissé de côté, volontairement ou non,  « la culture du risque ».

Quelle que soit la version que l’on préfère retenir, Xynthia nous a cruellement rappelés combien négocier avec le risque littoral pour pérenniser une certaine vision du développement économique, voire assurer les intérêts de quelques-uns, était dangereux. De ce point de vue, la catastrophe de Xynthia doit interpeller, au-delà de La Faute sur Mer, l’ensemble des communes littorales.

Créer aujourd’hui de nouvelles brèches dans le trait de côte, c’est s’exposer demain à une modification globale de l’environnement littoral. C’est-à-dire à plus ou moins long terme à une mise en danger des biens ou des populations.

La protection du trait de côte revêt donc une importance capitale. De ce fait, elle ne saurait être déliée de la question de la préservation de l’environnement littoral, au sens écologique du terme.

Préserver l’environnement littoral, c’est préserver l’intégrité des biens et des personnes le plus longtemps possible.

En outre, deux phénomènes avérés et liés au réchauffement climatique sont désormais à prendre en compte en matière d’aménagement littoral : la montée du niveau de la mer qui pourrait atteindre plus d’1 m d’ici la fin du siècle et la possible multiplication d’événements tempétueux exceptionnels.

Devant ces risques dorénavant connus de tous, la préservation des ouvrages naturels (dunes) ou artificiels (digues) de défense contre la mer est une priorité absolue. 

Et dans cette logique, plus que n’importe quelle digue qui par définition peut se rompre ou être submergée, la souplesse structurelle d’une dune préserve mieux que tout ouvrage artificiel ce qui se trouve derrière elle. Les préserver est essentiel.

Pour cela, il ne faut pas déstabiliser leur structure naturelle en modifiant les courants par la pose d’infrastructures nouvelles (enrochements, digues…). Nous disposons maintenant de suffisamment de recul pour le savoir.

Peut-être cela entrainera-t-il à l’avenir, comme cela a été fait à la Faute sur Mer, la restitution à la nature de certaines zones littorales urbanisées ? En effet, protéger ces zones pourrait avoir pour conséquence d’en mettre d’autres, plus loin, en danger …

Xynthia doit permettre à tous les élus littoraux de prendre conscience que préserver l’environnement naturel de leur commune – quand il en reste encore… – est un impératif pour protéger à l’avenir les biens et les populations.

A suivre :

Cause 4 : L’absence de doctrine claire de l’État en matière d’aménagement littoral

Cause 5 : Un certain déni de démocratie

Conclusion : L’horreur en pleine face : au-delà de la responsabilité pénale, la responsabilité morale des politiques.

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Partie 2 : Xynthia : un nécessaire bilan politique à effectuer http://www.vendee-ecologie.org/?p=1938 http://www.vendee-ecologie.org/?p=1938#comments Thu, 13 Nov 2014 14:34:59 +0000 Administrateur http://www.vendee-ecologie.org/?p=1938 XynthiaPar Nicolas HELARY, président de l’association Vendée Ecologie et observateur de l’ensemble des débats du procès Xynthia.

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia balayait les côtes françaises. Provoquant 53 morts en France dont 29 dans la seule commune de la Faute sur Mer en Vendée, elle est une des catastrophes climatiques françaises majeures. La qualité meurtrière de cette tempête n’est pas sans interroger sur les responsabilités des pouvoirs publics qui ont entrainé un tel drame.

Du 15 septembre au 17 octobre 2014 s’est tenu au Sables d’Olonne le procès en correctionnelle de 5 prévenus dont le maire de la Faute sur Mer et sa première adjointe. Ces cinq semaines de procès ont permis d’abord de libérer la parole des victimes et de décortiquer les mécanismes parfois absurdes d’une situation qui aurait pu, à l’évidence, être évitée. Mais, ce qui s’est joué à la Faute sur Mer depuis les années 70 au soir de Xynthia, n’est pas différent de ce à quoi l’on assiste encore aujourd’hui dans beaucoup de communes littorales.

Par respect pour les victimes, nous devons tirer les enseignements de la catastrophe. Les conséquences de la tempête doivent engager des modifications de fonctionnements politiques et administratifs. Ce « recueil d’impressions politiques » non exhaustif s’articulera autour de l’identification de 5 causes du drame qui sont apparues sous différents aspects au cours de la procédure.

Ces analyses seront publiées à raison d’un chapitre par semaine d’ici au délibéré du tribunal le 12 décembre prochain. Aujourd’hui le second des 6 chapitres :

Cause 2 : La croyance aveugle en la toute puissante ingénierie face à la nature imprévisible

Au cours du procès, il a beaucoup été question du phénomène climatique qu’a été Xynthia. « Ouragan », « bombe climatique »… les avocats de certains accusés ont souvent ergoté sur le terme le plus adéquat pour qualifier Xynthia, ce afin de mieux insister sur le caractère imprévisible et exceptionnel de cette tempête qui cumulait grand vent, fortes vagues et surcote dans un contexte de grande marée.

Un statisticien a expliqué qu’une tempête de ce type avait un « temps de retour » de 2000 ans. C’est-à-dire qu’une tempête Xynthia ne pourrait se produire statistiquement qu’une fois tous les 2000 ans ! Les lois de probabilité ayant conduit à ce résultat sont bien sûr tout à fait théoriques.

La météo à long terme, par définition imprévisible, ne rentre dans aucun schéma mathématique.

La seule statistique qui puisse dans une certaine mesure être entendue en météorologie est la statistique historique, c’est à dire réelle : combien y a-t-il eu de phénomènes climatiques similaires à Xynthia dans l’Histoire ?

L’historien Thierry Sauzeau, témoin dans le cadre du procès, est revenu sur cette statistique. Au cours du seul 20e siècle sur le littoral vendéen, il a recensé 6 événements tempétueux de type Xynthia ayant entrainé des submersions marines (1924, 1926, 1937, 1940, 1941, 1957).   

Certes, la statistique historique ne présage en rien de ce qui pourra se passer demain, dans 50 ou 100 ans. Mais elle permet a minima que certains évitent de se retrancher derrière une improbable statistique (1 tous les 2000 ans) pour pouvoir continuer à faire « comme avant », comme si finalement ce qui s’est passé dans la nuit du 27 au 28 février 2010 n’était qu’une « anomalie de l’Histoire ».

Finalement, le débat sur la statistique mathématique en a mis à jour un autre plus profond, que l’on a également retrouvé dans le procès Xynthia, concernant la solidité de la digue de La Faute sur Mer. Débat qui voit s’affronter deux visions du monde et de son développement.

Une première vision très théorique, pourtant encore très majoritaire au sein du corps des ingénieurs : une modélisation mathématique de l’environnement planétaire qui amène à la conclusion que la technologie humaine l’emportera toujours sur la nature. Une seconde vision plus réaliste, plus moderne aussi, qui consiste à prendre en compte dans le cadre du développement humain les limites des ressources planétaires et la capacité des éléments naturels à impacter voire à détruire les réalisations de l’Homme… y comprises les plus technologiquement étudiées.

Ces deux visions se sont affrontées au cours du procès dans les déclarations de deux ingénieurs de l’État. L’un a déclaré : « C’est très difficile pour un ingénieur d’admettre qu’une digue soit réalisée avec un risque de rupture. Je n’arrive pas à admettre le dépassement des digues ». L’autre : « Une digue peut par définition se rompre ou se faire submerger. On ne négocie pas avec le risque ».

Xynthia a finalement aussi été le procès d’une certaine forme d’ingénierie qui s’estimerait toute puissante face à la nature.

Ce sentiment, on le retrouve souvent dans les cabinets d’étude qui travaillent pour les collectivités à la réalisation d’infrastructures littorales. En toute logique. Car le plus souvent, quand un maire commande une étude à un cabinet, concernant par exemple la réalisation d’un port, il ne lui demande pas d’établir si cette réalisation est possible ou non. Il a une vision politique et il demande au cabinet de faire en sorte que son projet devienne possible. Et le cabinet fait ce pour quoi il est payé.

Ensuite, il se retranche derrière la technologie pour garantir que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes… Ça n’est jamais le cas. En matière d’aménagement littoral, nombreux sont les exemples des erreurs technologiques en Vendée : le port du Morin qui entraine la disparition des dunes de l’Epine, le port de Bourgenay celle de la dune du Veillon, etc.

A suivre :

Cause 3 : L’absence de lien entre urbanisme, protection des biens et des personnes et protection de l’environnement

Cause 4 : L’absence de doctrine claire de l’État en matière d’aménagement littoral

Cause 5 : Un certain déni de démocratie

Conclusion : L’horreur en pleine face : au-delà de la responsabilité pénale, la responsabilité morale des politiques.

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